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Point d'Interrogation et CœurComment vit-on quand on a un problème de coeur ? Nous parlons ici de problème cardiaque ! Comment dissocier maladie du coeur et maladie de coeur ?

La première touche l'organe de vie, tandis que la seconde relève du domaine de la psyché ( ame ).
Et pourtant ! le coeur a cette particularité de n'etre pas visible et de battre au rythme de notre personnalité. ( notamment nos émotions ).

La maladie cardiaque est une déficience organique.
Le problème de coeur est une affection sentimentale inhérente à la vie, aux relations humaines.
Ces deux états sont invalidants : l' un est chronique, l'autre, passager. (du moins nous l'espérons: peine de coeur )

LA MALADIE CARDIOVASCULAIRE

La maladie cardiaque est bien réelle, mais ses causes et ses symptomes sont très variés et nombreux.
A l'annonce d'un infarctus, d'un A.V.C., d'une valve défaillante , ou de malformations cardiaques (*)l'homme reste unique dans la perception de ses troubles.

L'essoufflement, l'oppression, l'arythmie, par exemples seront abordés qualitativement et quantitativement par chacun, en fonction du degré de souffrance que lui procure son coeur. Cette description de la douleur reste très précieuse pour le médecin qui pourra poser son diagnostic plus précisément, et surtout, se déterminer quant aux traitements à proposer.

LE HANDICAP CARDIAQUE

La vie suspendue au mauvais fonctionnement du coeur : la menace est sérieuse et plonge la personne dans un désarroi légitime : il s'agit bien d'une maladie invalidante et d'un handicap moteur; dans certains cas, selon l'évolution, d'autres types d'invalidités peuvent survenir ( problèmes d'ordre sensoriels et/ ou cognitifs ....). Les cardiaques au long cours, opérés ou non perdent une partie de leur autonomie : ils sont obligés de changer leur façon de vivre en acceptant de faire le deuil de leur vie d'avant. Leur indépendance affichée jusqu'alors et le sentiment de puissance qu'ils pouvaient éprouver dans un corps sain en prennent un sérieux coup !

Il s'agit alors de se réapproprier sa vie et sa dignité tout en se sachant fragile et diminué sans etre vaincu :

Notre altération physique va changer notre rapport au monde. L'écchelle des valeurs se transforme. Nous n'avons plus les mèmes priorités. Il nous faut devenir qui nous sommes vraiment. Pour celà," travailler sur nous-mèmes" afin de se reconnaitre, se reconstruire, ou plutot se construire.

Qui sommes nous maintenant; à nos yeux ? pour les autres ? Le mème, et pourtant, quelqu'un dautre !

Nous essayons de trouver du sens à ce qui nous arrive. Avoir mal au coeur, parfois, s'enonce comme une plaie psychique.

Notre dépendance aux autres nous renvoie à des situations qui nous ont fait souffrir dans notre enfance. Devenus adultes, nous pensions les avoir dépassées et nous nous retrouvons face à de nouvelles vulnérabilités.

Comme il est de plus en plus difficile pour nous d'assurer et/ou d'assumer les tàches les plus courantes dans le quotidien, c'est au conjoint, à l'entourage, voire à l'auxiliaire de vie d'etre mis à contribution de façon régulière.

Notre altération physique nous oblige à nous adapter à notre nouvelle vie.

à adopter notre nouvelle façon de vivre -  Elle oblige nos proches à nous accepter tels que nous sommes devenus, d'un bloc, "avec nos plus et nos moins".

ils doivent nous adopter - Certains fuiront....

LE TRIO INFERNAL : LE MALADE / SON MEDECIN / LEUR MALADIE

Il est bien compréhensible que la maladie cardiaque ait des effets sur notre tempérament.Notre caractère peut se transformer au fil du temps. Il y a certains états émotionels qui nous traversent et peuvent provoquer désarroi ou réaction d'incompréhension de la part de notre médecin.

Le mème sujet nous interesse : la maladie. Or, le médecin est là pour la traiter et a pour objectif de la guérir.
Le malade veut etre guéri et jouir à nouveau de son corps.

Mais le malentendu peut venir parfois du fait que ce n'est pas aussi simple que celà ! On pourrait dire que les attentes ne sont pas les mèmes des deux cotés.

Médecin et malade savent tous deux que ces pathologies lourdes sont invisibles, en grande majorité.

Le cardiaque reste cardiaque. Il a de la difficulté à se faire écouter et comprendre par son médecin, à se sentir reconnu dans ses symptomes, reconnu aussi dans sa difficulté de " vivre avec çà " .

Le médecin fait de son mieux. Il reconnait la maladie et son cortège de troubles et de signes associés... mais il n'a pas été formé pour etre psychologue ou assistant social !

Il suffirait de presque rien pour libérer cette plainte que le patient exprime quand il le peut; son désarroi, son espoir aussi, son désir de se battre en tout cas pour la vie.

Lorsque le médecin dit en fin de consultation : "tout va bien" ,celà signifie que malgré les difficultés ressenties par le malade, il n'y a pas de danger immédiat.

Du coté du malade, comment interpréter ce "tout va bien" ?! une si jolie phrase qu'il nous est rassurant d'entendre !

C'est à nous, amis malades, handicapés, de trouver la force intérieure qui pourra nous construire.

(*) lésions les plus fréquentes : Valve aortique/mitrale ; Communication interauriculaire(C.I.A) ; Communication interventriculaire(C.I.V) ; Canal artériel persistant ; Sténose sous-aortique (S.S.A) ; Bicuspidie aortique ; Coartation de l'aorte ....


Eve Nénot.
Christian Husset.