En parcourant une revue économique réputée, nous avons lu un article traitant de l’embauche des travailleurs handicapés par les entreprises françaises. La personne interviewée, responsable des ressources humaines dans une grande société nationale, expliquait qu’il n’était pas toujours aisé pour la société qu’elle représentait d’employer des personnes handicapées car il existe de multiples formes de handicap et que chacune a ses exigences qui ne sont pas toujours connues des responsables chargés de l’embauche.

Mais, soulignait-elle, de gros efforts sont actuellement faits au niveau des principales grandes sociétés françaises pour aller vers l’embauche de travailleurs handicapés. C’est ainsi que des programmes sont actuellement développés pour permettre à ces entreprises de recruter des personnes handicapées.

En lisant ces lignes, nous remarquons effectivement que la personne interviewée a pointé du doigt un problème majeur, celui de la connaissance réelle des différents handicaps. Ce n’est pas la même chose effectivement que d’embaucher une personne en fauteuil roulant et d’aménager son poste, ou embaucher une personne malentendante ou non voyante, car les besoins de chaque handicap sont spécifiques aux difficultés rencontrées. Que dire alors du handicap cardiaque ou cardio-respiratoire ? Il est plutôt mal connu , peut prendre des caractères fort différents selon l’atteinte de la personne concernée et il est empreint de tout l’imaginaire de la personne qui embauche face à quelque chose qu’elle ne connaît pas.

Ceci dit, il n’y a pas que des grandes entreprise qui embauchent. La France est surtout composée de petites et moyennes entreprises qui sont le creuset de l’emploi. Aussi était-il intéressant de poser la question de l’embauche d’une personne cardiaque congénitale à un employeur à la tête d’une PME. A priori, pas de difficultés de premier abord, l’employeur n’est pas contre l’idée d’embaucher une personne atteinte d’un handicap cardio-respiratoire. Mais au fil de la conversation, on entend ses premières grosses interrogations et l’une d’entre elle porte sur l’absentéisme. Oui, l’employeur craint de la part de la personne cardiaque un absentéisme beaucoup plus important que chez les autres employés. En second lieu vient la question de la polyvalence dans les postes. En effet, il est courant dans les petites entreprises de demander aux personnes dans les bureaux de donner un coup de main à la manutention par exemple, quand il y a  une charge de travail plus importante. Et là, ça coince. Embaucher une personne qui restera forcément derrière son bureau et ne devra pas faire autre chose que la tâche assignée , ce n’ est pas ainsi que cela se passe dans les petites entreprises.

Enfin, il y a un gros malentendu entre les organismes chargés de l’emploi et les employeurs. Quand ces derniers sont prêts à embaucher une personne handicapée , ils sont surpris de voir que les organismes chargés de leur envoyer des candidats leur présentent toute personne handicapée, sans avoir étudié auparavant ni le profil du poste , ni les compétences demandées. Par la suite, ils renoncent à embaucher un travailleur handicapé.

Il y a, de notre part, à faire un véritable travail d’information auprès des responsables économiques qui agissent sur le marché du travail, qu’il s’agisse des organismes chargés de traiter le chômage ou bien des employeurs potentiels via les chambres de commerce et d’industrie. Changer le regard sur le handicap cardiaque, corriger toutes les idées fausses à ce propos et montrer que nous sommes prêts à informer, c’est peut être ce qui permettra à ceux d’entre nous qui ont un statut de travailleur handicapé de parvenir à trouver un travail.

Et n’oublions pas non plus qu’une formation adéquate est aussi la clé du succès. Il faut que nos jeunes cardiaques bénéficient de vraies formations dans les métiers qui leur sont adaptés afin d’être en mesure d’obtenir une place véritable dans la société. Les organismes de formation doivent eux aussi être sensibilisés.